Au fil du naufrage

Pour sa nouvelle pièce de théâtre, Caroline Safarian tente de mettre en évidence le phénomène de désocialisation progressive des sans-abris et plus particulièrement celui d’une femme, Ariane, personnage principal de la pièce Au fil du naufrage.

Tout en superposant de la poésie aux récits de la déchéance d’Ariane, le projet a également pour ambition de questionner l’existence des sans-abris dans nos sociétés contemporaines.

C’est en s’inspirant du mythe d’Ariane, figure symbolique forte dans la tragédie grecque, que Caroline Safarian a écrit sa pièce. Comme Thésée ne sommes-nous pas, chacun, par notre indifférence, en train d’abandonner toutes ces Ariane qui errent dans les rues de Bruxelles sous nos yeux ?

Dans la pièce, Ariane est dissociée en deux personnages : Ariane (1) est spectatrice de sa propre déchéance et Ariane (2) évolue, par le mouvement et la danse, au fil du récit. L’histoire raconte le délaissement progressif, le “ divorce ” inévitable d’Ariane avec son propre corps, résultante d’un abandon psychique inévitable face à la difficile et impitoyable réalité de la rue. Mal nourri, mutilé, sale et en souffrance, le corps d’Ariane se perd progressivement dans les méandres de ce labyrinthe urbain. Pourquoi Ariane a-t-elle perdu le fil ?

Cette écriture est une tentative de “ ré-humaniser ” les sans-abris ou peut-être une tentative de leur rendre une appartenance au genre humain, injustement perdue…

Auteure et metteuse en scène : Caroline Safarian.
Distribution en cours.