Mordamed

Spectacle présenté dans le cadre du Festival Jeune Création 

C’est un moment de vie où tout a mal tourné.
C’est l’histoire de Moh et Ahmed, deux jeunes de quartier, qui ont trébuché. Ils nous racontent cet instant où ils sont passés de l’autre côté du monde. Ce sont des jeunes révoltés qui maudissent la société, la politique et l’argent. Nous les croisons tous les jours, ces voyous de quartier qui nous font peur. Nous apprenons à connaître leur quotidien, leurs amours, leurs faiblesses…
Entre angoisse et humour, entre la mort et la vie, c’est l’histoire d’un homme mort le 16 septembre 2004.


Note d’intention de l’auteur

“Aujourd’hui, il ne se passe pas une semaine sans qu’un jeune apparaisse dans la presse, dans la rubrique des faits divers. Certes, il y a une jeunesse florissante mais il y a aussi des adolescents mis à l’écart, délaissés, une jeunesse incomprise qui représente pour beaucoup d’adultes « une cause perdue »”.
Yasser JAAFARI

 

“Né à Bruxelles dans un quartier populaire, j’ai grandi auprès d’amis qui ont fait leur propre chemin, qui ont trébuché et se sont fait juger par d’autres personnes qui ne les connaissaient pas.
J’ai eu l’opportunité d’emprunter une autre voie que la leur après un drame familial. Le 16 septembre 2004, mon frère nous a quitté. Il a payé le prix d’avoir côtoyé la rue sans que personne ne soit présent pour lui faire entendre raison. Cette pièce est pour moi une forme de deuil.
Il ne se passe pas une semaine sans qu’un jeune apparaisse dans la presse, dans la rubrique des faits divers. Certes, il y a une jeunesse florissante mais il y a aussi des adolescents mis à l’écart, délaissés, une jeunesse incomprise qui représente pour beaucoup d’adultes « une cause perdue ».
Mon frère en a fait partie. Mais pourquoi était-il comme ça ? Qu’avais-je de plus que lui pour ne pas tomber dans le vice du quartier ? J’ai eu la chance d’avoir un repère, de rencontrer une personne qui m’a fait comprendre que mon existence pouvait apporter beaucoup à la société dans laquelle je me sentais rejeté.
C’est ce qui m’a motivé à écrire et à présenter mon projet à l’Espace Magh et à la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek. Avec Mordamed, j’invite le public à découvrir l’envers du décor de notre société, perçue comme sombre. Je veux montrer que les jeunes issus des quartiers populaires, souvent qualifiés de « voyous », éprouvent du ressentiment et ont une manière de penser. Ils ne se victimisent pas pour autant et ils ne sont pas non plus donneurs de leçons.” Yasser JAAFARI

RELATED