Qui est blanc dans cette histoire ?

J’ai trois fils métis. Les gens voient toujours sur leurs visages, pourtant très dilués, le noir. Au départ de Qui est blanc dans cette histoire ?, il y a une centaine de lettres écrites par mon arrière grand-oncle, missionnaire au Congo Brazzaville à la fin du XIXe siècle. Ma tante me les envoie parce que je porte le même prénom que cet ancêtre commun.
Je décide que c’est là que j’ai envie d’aller : là où ça gratte. Je me mets à décortiquer ces lettres, je garde celles qui m’intéressent, je constitue une sorte de puzzle. Je lis des livres d’histoire, de géographie, pour essayer de comprendre dans quel cadre se raconte cette histoire. Je cherche des points de vue de Congolais de l’époque. Parallèlement, j’écris une sorte de journal de bord de ce que je ressens pendant ce travail. C’est-à-dire énormément de colère. (Raphaëlle BRUNEAU)

Ce spectacle met en parallèle trois histoires : celle d’un missionnaire parti au Congo à la fin du XIXe siècle, celle d’une jeune Congolaise de la même époque et celle d’une femme d’aujourd’hui, mère de trois enfants métis et consciente de cet héritage colonial.

Construit à partir d’archives familiales et de témoignages, ce monologue de Raphaëlle Bruneau pose la question des traces indélébiles que laisse l’histoire coloniale dans les rapports de force d’aujourd’hui et le racisme qui en découle.